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Actualité du crédit santé, Grippe A: Pic de polémique
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Grippe A: Pic de polémique

La France compte revendre à l'étranger une partie des 94 millions de doses de vaccins contre la grippe A-H1N1, qu'elle avait commandées cet été. Mauvais calcul du gouvernement? Le déstockage fait débat.
Le gouvernement n'avait sans doute pas envisagé un tel scénario. Le ministère de la Santé a confirmé dimanche que la France avait déjà revendu 300 000 doses de vaccins contre la grippe A-H1N1 au Qatar et "2 millions de doses sont en cours de cession au profit de l'Egypte" . Mais les stocks sont encore loin d'être épuisés. Plus de 94 millions de doses ont été achetées l'été dernier et avec 5 millions de personnes vaccinées, seules 10 % des doses ont été utilisées. "C'est l'illustration dans cette affaire d'une faute stratégique de la part du gouvernement de ne pas avoir associé les généralistes" à la campagne de vaccination, a estimé François Bayrou lundi sur France Info. Même si le leader du Modem dit ne pas vouloir "jeter la pierre au gouvernement du fait qu'on ait pris des précautions", il dénonce le caractère "choquant" de cette revente: "Plutôt que de se livrer à cet exercice un peu ridicule (…) pourquoi est-ce qu'on ne fait pas en sorte qu'il y ait un vrai geste de solidarité active envers les pays pauvres qui sont soumis à de très grands risques", a-t-il suggéré.
"Gâchis financier"
Et les critiques fusent de tout bord de l'échiquier politique. Si le NPA parle d'une "campagne de peur orchestrée par le pouvoir qui n’aura servi à rien", le PS a aussi taclé la gestion de la vaccination par le gouvernement. "Je trouve ça pour le moins curieux qu'on achète pour l'équivalent de 90 millions" de doses de vaccin et qu'"il en reste 70 millions, c'est-à-dire qu'à peu près deux tiers de ce qui avait été prévu n'ait pas été utilisé", a observé le porte-parole du PS lundi sur Canal+. Et de dénoncer "une campagne bien anxiogène pour essayer d'écouler les stocks", considérant que les "labos pharmaceutiques sont les grands vainqueurs dans cette affaire". "La France est l'un des pays qui a acheté le plus de vaccins mais qui a le taux de vaccination le plus faible", a constaté pour sa part le député PS Jean-Marie Le Guen, en charge des questions de santé. L'élu qui est aussi médecin déplore "l'attitude sécuritaire et volontariste du gouvernement" qui a conduit à "un gâchis financier". Le Parti socialiste a d'ailleurs demandé une commission d'enquête parlementaire "pour faire le point sur cet échec et tirer les conclusions pour qu'on ne soit pas à nouveau confronté à un tel fiasco", a-t-il expliqué. Une initiative suivie lundi par le Nouveau centre.
"Ça n'était pas prévisible"
Mais l'incompréhension quant à un tel surplus de vaccins se fait ressentir jusque dans les rangs de la majorité. Le professeur Bernard Debré, ancien ministre et député UMP de Paris a dénonce dimanche sur France Info "un principe de précaution poussé à l'extrême stupidité". "Quand on exagère et on dramatise, on tient le pays en haleine pendant quelques mois mais après on paye la note", a-t-il raillé. La facture totale de la gestion de la grippe avoisine les deux milliards selon lui.
"Ça n'était pas prévisible", s'est défendu sur France Info le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé. "Il y avait à l'époque à laquelle on a acheté ces vaccins la nécessité de deux injections. Nous avions tablé sur une pandémie durable. Mais il faut toujours envisager les hypothèses les plus graves", a-t-il argumenté. Et de poursuivre: "Imaginez un seul instant, si le gouvernement n'avait pas pris de telles précautions et que la pandémie avait été ce que l'on craignait, les cris qui auraient été poussés et les accusations qui auraient été portées notamment contre la ministre de la Santé et le chef du gouvernement." Roselyne Bachelot est en tout cas restée jusqu'à présent assez silencieuse sur cette opération commerciale de grande envergure. Mais elle devrait finalement s'exprimer ce soir sur le 20h de TF1, a annoncé Laurence Ferrari sur Twitter.

(source Le JDD 04-01-10)

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